Le football est le cœur battant du Nigeria. Aujourd'hui, les analystes de football utilisent des statistiques avancées pour expliquer ce qui se passe réellement sur le terrain. Completesports.comNous publions régulièrement des articles basés sur les données qui utilisent ces informations dans l'analyse des statistiques modernes du football.
Dans cet article, ALLI FESOMADE de Completesports.com vous aide à comprendre toute la terminologie professionnelle utilisée par les analystes dans les discussions modernes sur l'analyse des statistiques du football.
Pour plus de clarté, nous les regrouperons également en catégories : indicateurs de performance, indicateurs tactiques et analytiques, ainsi que indicateurs de normalisation.
Cette catégorisation facilite leur compréhension. Les indicateurs de performance montrent ce qui s'est passé, les indicateurs tactiques et analytiques expliquent comment cela s'est produit, tandis que les indicateurs de normalisation permettent aux analystes et aux journalistes d'effectuer des comparaisons équitables dans différents contextes.
Cet article démystifie le jargon technique autour de dix (10) des indicateurs les plus courants que vous entendrez dans l'analyse du football moderne, en interprétant ce qu'ils signifient, comment ils ont été utilisés en pratique et comment ils sont généralement calculés.
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Ainsi, que vous soyez passionné, analyste, journaliste ou simple fan, à la fin de cet article complet, vous comprendrez non seulement le jargon, mais vous serez également capable de l'utiliser avec assurance dans votre travail sur le football et dans les discussions autour de l'analyse des statistiques modernes du football.
Indicateurs de performance
Ces indicateurs mesurent les résultats ou les contributions directes sur le terrain. Il s'agit principalement d'actions que l'on peut compter, observer ou déterminer à l'aide d'un modèle. On peut citer comme exemples les Expected Goals (xG), les Expected Goals on Target (xGOT), les Goals Prevented, les Expected Assists (xA), les Expected Thresholds (xT), les Out-of-Pealth Goals, etc. Examinons-en quelques-uns.
1. Objectifs attendus (xG)
Les Expected Goals (XG) mesurent la probabilité qu'un tir se transforme en but, exprimée par une valeur comprise entre 0 (aucune chance) et 1 (but certain). Le calcul repose sur des milliers de tirs passés et prend en compte des facteurs tels que la distance, l'angle, la partie du corps utilisée, le type d'occasion, le nombre de défenseurs et le positionnement du gardien de but, entre autres.
Parmi tous ces paramètres, l'angle et la distance sont les plus importants pour tout modèle xG. Le xG est un outil puissant pour évaluer la qualité des occasions, mais il ne mesure pas directement la finition. Les calculs peuvent légèrement varier d'un fournisseur à l'autre ; le contexte est donc essentiel dans l'analyse des statistiques du football moderne.
Par exemple, en comparant le but d'Akor Adams dans un filet vide contre l'Algérie lors de la CAN 2025 et le fameux tir de 30 mètres de Sunday Oliseh en 1998, au moment où Akor Adams allait tirer, un modèle xG pourrait estimer ses chances de marquer à 95 %, contrairement à Oliseh, qui n'aurait hypothétiquement que 5 % de chances de marquer ce but exceptionnel.
Sur un match, le xG indique si une équipe s'est créé suffisamment d'occasions franches pour mériter la victoire. Le xG de 2.82 du Nigeria contre le Mozambique, combiné à quatre buts marqués, signifie qu'ils ont dépassé leur xG, tandis que deux buts marqués contre l'Algérie pour un xG de 3.36 témoignent d'une performance décevante.
2. Objectifs atteints (xGOT)
Les Expected Goals on Target (xGOT) s'appuient sur les xG en mesurant la probabilité qu'un tir cadré se transforme en but. Cette valeur apporte un éclairage supplémentaire en prenant en compte le placement du tir, valorisant ainsi les tirs visant la lucarne par rapport à ceux centrés au centre du but.
Comme vous pouvez l'imaginer, seuls les tirs cadrés sont pris en compte, les tentatives non cadrées n'ayant aucune chance de marquer, sauf en cas de déviation. Par exemple, avant qu'Ademola Lookman ne tire de l'extérieur de la surface contre la Tanzanie, sa probabilité de but est de seulement 0.03 xG (3 %). Une fois qu'il frappe dans la lucarne, la probabilité passe à environ 0.54 xGOT (54 % de chances de marquer), ce qui reflète la qualité de l'exécution.
L'analyse du xGOT permet souvent aux analystes de mieux comprendre la qualité des tirs d'un joueur. Si la valeur xGOT d'un joueur ou d'une équipe est systématiquement supérieure à sa valeur xG, cela signifie qu'ils tirent plus souvent que leurs occasions ne le laissent supposer.
3. Objectifs empêchés
Puisque nous avons abordé les concepts de xG et de xGOT, nous nous sommes concentrés sur le point de vue des joueurs. Or, il existe un autre point de vue à considérer. Si le xGOT mesure la qualité d'une frappe, qu'en est-il du gardien de but chargé de les arrêter ? Ne devrait-il pas plutôt mesurer la qualité de ses arrêts ? C'est ce qui nous amène à la notion de Buts Prévenus.
Buts empêchés = xGOT – Buts encaissés
Si l'adversaire génère 3.0 xGOT mais que le gardien n'encaisse qu'un seul but, le nombre de buts empêchés est de +2.0, ce qui signifie que le gardien a réalisé deux arrêts de plus que prévu. Plus la valeur des buts empêchés est élevée, meilleure est la performance du gardien.
Pour remettre les choses dans leur contexte, Chiamaka Nnadozie n'a réalisé aucun arrêt lors de plusieurs matchs de la CAN 2025, tout simplement parce que ses adversaires n'ont pas cadré un seul tir. Cela ne signifie pas pour autant qu'elle n'a pas eu d'impact.
En général, les gardiens des équipes de milieu ou de bas de tableau obtiennent de bons résultats dans ce domaine car ils font face à davantage de tirs, tandis que les gardiens des meilleures équipes ont moins d'occasions de développer cette statistique. On comprend maintenant pourquoi les grands clubs recrutent dans les équipes de milieu ou de bas de tableau pour renforcer leur secteur des gardiens.
4. Passes décisives attendues (xA)
Tout comme on peut espérer un but suite à un tir, les analystes cherchent également à évaluer la probabilité d'une passe décisive suite à une passe. Le xA fonctionne comme le xG, avec des valeurs comprises entre 0 (aucune chance) et 1 (passe décisive certaine). Il valorise les joueurs créatifs qui délivrent régulièrement des passes dangereuses, même si leurs coéquipiers manquent leur cible.
Cela signifie que les passes en profondeur d'Alex Iwobi peuvent conserver un xA élevé même si les attaquants ne parviennent pas à concrétiser. Les passes décisives traditionnelles peuvent s'avérer un indicateur très peu fiable de la créativité d'un joueur dans l'analyse des statistiques modernes du football.
Un joueur pourrait faire une passe simple à son coéquipier pour qu'il marque dans la lucarne, tandis qu'un autre pourrait parcourir toute la longueur du terrain et servir le ballon à son coéquipier pour qu'il marque.
Ces deux scénarios sont difficilement comparables. De plus, la réussite d'une passe décisive dépend fortement de la capacité du receveur à concrétiser l'action. Pour la saison 2025/26, Alex Iwobi devrait réaliser environ 3 passes décisives toutes les 90 minutes de jeu, selon le modèle d'Understat, avec une valeur xA de 3.37.
Le fait d'être le tireur de coups de pied arrêtés peut décupler la créativité d'un joueur, car il peut délivrer le ballon, sans opposition, dans une zone dangereuse où plusieurs joueurs sont susceptibles de se jeter sur le ballon. Ainsi, Ademola Lookman, qui tire les coups de pied arrêtés pour les Super Eagles, pourrait avoir un xA supérieur à celui d'Alex Iwobi. C'est pourquoi les analystes segmentent le xA en fonction des situations de jeu, comme le jeu courant, les corners, etc.
Mesures tactiques et analytiques
Ces indicateurs permettent de comprendre le jeu d'une équipe. Ils offrent un aperçu de son style, de l'intensité de son pressing, de sa domination territoriale et de ses schémas de possession. Ces dernières années, la FIFA a développé son propre cadre d'analyse du jeu. Parmi les exemples, citons les passes par action défensive (PPDA), l'inclinaison du terrain, l'état du jeu, les séquences et possessions, la possession contestée, les passes progressives, les réseaux de passes, la valeur de possession (PV) et les portées de balle.
5. Port de balle
Les courses balle au pied mesurent la fréquence et l'efficacité avec lesquelles un joueur fait progresser le ballon en se déplaçant avec celui-ci. Contrairement aux passes, qui transmettent le ballon entre coéquipiers, les courses balle au pied évaluent la capacité d'un joueur à faire progresser le jeu par lui-même.
Que ce soit en progressant dans l'espace, en perçant les lignes défensives ou en déstabilisant les adversaires, les courses balle au pied sont au cœur de l'analyse des statistiques du football moderne.
Les portées de balle sont souvent la première action d'un joueur après avoir reçu le ballon. Les analystes suivent ces portées pour déterminer quels joueurs sont responsables de la progression du jeu.
Un grand nombre de courses progressives indique souvent une joueuse qui prend l'initiative dans la construction des attaques plutôt que de se reposer uniquement sur les passes. Par exemple, Babra Banda (Zambie) a marqué dès la première minute du match d'ouverture de la CAN 2024, en recevant le ballon dans sa moitié de terrain et en le portant à travers le camp marocain avant de décocher une frappe puissante qui a trompé Er-Rmichi.
6. État du jeu
L'état du match indique si une équipe gagne, fait match nul ou est menée. Il fournit un contexte essentiel pour comprendre les actions des équipes, car leur approche peut varier selon le score. Une équipe menée au score aura tendance à prendre plus de risques et à tenter plus de tirs, tandis qu'une équipe qui protège son avance adoptera probablement une défense plus défensive et se créera moins d'occasions.
Par exemple, imaginons que le Sporting Lagos n'ait pas tenté un seul tir au but en seconde période contre Enugu Rangers. On pourrait être tenté de conclure à un jeu offensif médiocre, mais que se passerait-il s'ils avaient mené 2-0 avant la mi-temps et qu'ils s'efforçaient de préserver leur avantage ? La situation serait alors bien différente.
Les Edo Queens ont passé la quasi-totalité de la saison 2024/25 de la NWFL sans être menées au score. Elles ont ainsi cumulé 1 259 minutes sur 1 260 possibles sans être menées (99.9 % du temps de jeu). Lors de la saison 2025/26, les Sunshine Queens ont également réalisé le plus grand nombre de matchs nuls en NWFL.
Les analystes collectent des données sur le déroulement du jeu pour mieux comprendre comment les équipes utilisent leur temps de jeu. Ils s'en servent également pour expliquer l'approche tactique adoptée par une équipe, car elle fournit un contexte utile.
7. Passes par action défensive (PPDA)
Le nombre de passes par action défensive (PPDA) comptabilise le nombre de passes qu'une équipe laisse passer à l'adversaire avant de tenter de récupérer le ballon par une action défensive, comme un tacle, une interception ou un dégagement. L'analyse moderne appelle cela le « pressing ». Elle se concentre sur les 60 % de la surface de réparation, là où le pressing est le plus important.
Lors de la phase de groupes de la Coupe d'Afrique des Nations, à chaque match du Nigeria, on pouvait constater l'intensité avec laquelle les joueurs pressaient les adversaires pour récupérer le ballon. Un PPDA faible indique un pressing agressif, tandis qu'un PPDA élevé suggère un style de jeu plus passif.
Supposons qu'Enyimba récupère souvent le ballon après seulement cinq passes, ce qui témoigne d'un pressing intense, tandis qu'Ileogbo United en laisse passer quinze avant de reprendre possession, signe d'une approche plus relâchée. L'inconvénient du PPDA est qu'il ne donne aucune indication sur l'efficacité de cette stratégie. Il révèle plutôt le style de jeu d'une équipe pour récupérer le ballon.
8. Inclinaison du champ
Field Tilt illustre la domination territoriale des équipes en comparant les touches de balle ou les passes dans le dernier tiers du terrain, aussi appelé tiers offensif. Les supporters pensent souvent qu'avoir la possession du ballon signifie dominer, mais ce n'est pas toujours le cas, car la possession seule ne nous renseigne pas sur la zone où le ballon est joué.
Par exemple, si le Nigeria réussit 80 passes dans le dernier tiers du terrain et l'Afrique du Sud 20, l'inclinaison du terrain du Nigeria est de 80 %. Des valeurs élevées suggèrent un pressing haut et une circulation de balle efficace dans des zones dangereuses, tandis que des valeurs faibles peuvent indiquer une défense regroupée ou des difficultés à faire progresser le jeu.
Mesuré par intervalles, le Field Tilt peut également révéler des changements de dynamique après un but, des substitutions ou des modifications tactiques. Par exemple, les Super Eagles, avec 72 % de possession de balle et un Field Tilt de 82 % contre le Ghana, montrent qu'ils ont maintenu le ballon dans les zones offensives.
Parallèlement, les Super Falcons n'ont pu obtenir que 35 % de possession de balle face aux États-Unis tout en atteignant un Field Tilt de 45 à 50 %, preuve d'une grande efficacité malgré un temps de possession limité. Le Field Tilt ne mesure pas la qualité des occasions. Les contre-attaques peuvent le contourner ; il est donc préférable de l'associer aux xG, aux courses avec le ballon ou aux passes progressives.
Normalisation et métriques contextuelles
Ces indicateurs ajustent les données brutes pour permettre des comparaisons équitables entre joueurs, matchs ou compétitions. Ils fournissent un contexte grâce à la mise à l'échelle, la moyenne ou le classement. Exemples : statistiques par match, statistiques par 90 minutes, statistiques ajustées à la possession, indice de performance relative (RPI), classements par percentile.
Pour 60 minutes de jeu, Pour 30 minutes avec/sans possession, Proportion/Pourcentage de temps.
9. Indicateurs par 90 jours (P90)
Le format P90 (Per 90) normalise les statistiques individuelles ou collectives sur la base d'un match standard de 90 minutes, permettant ainsi des comparaisons équitables quel que soit le temps de jeu. Les totaux bruts peuvent être trompeurs, car il est impossible de comparer équitablement les remplaçants et les titulaires sans ajustement.
Lors de l'exécution d'analyses comme completesports.com Dans notre série ET5, nous avons montré que l'utilisation de chiffres bruts et totaux pour une mesure peut être trompeuse, car elle ne tient pas compte des minutes jouées pour atteindre ce nombre.
En prenant pour exemples trois (3) équipes des Super Eagles invitées pour le tournoi à quatre nations :
– Phillip Otele (1 but, plus de 420 minutes) marque 0.21 but par 90 minutes.
– Collins Yira Sor (4 buts, plus de 1100 minutes) marque 0.32 buts par 90 minutes et
– Fernandez (5 buts, plus de 1700 minutes) marque 0.26 buts P90.
10. Métriques ajustées à la possession (PAdj)
PAdj normalise les actions défensives telles que les plaquages, les interceptions et les blocs en fonction du temps passé sans ballon par une équipe. Les chiffres bruts peuvent être trompeurs car les défenseurs des équipes ayant peu de possession de balle ont naturellement plus d'occasions d'intervenir défensivement, tandis que ceux des équipes dominantes en ont moins.
Par exemple, si Deborah Abiodun effectue cinq (5) interceptions alors que le Nigeria défend pendant 10.5 minutes, son PAdj interceptions par 30 minutes de possession adverse est égal à 14.3. Cet ajustement permet des comparaisons plus justes entre les défenseurs des équipes en difficulté et ceux des équipes ayant une forte possession.
L'indicateur PAdj est utile pour évaluer la contribution défensive, mais il ne rend pas pleinement compte de la qualité ni du contexte des actions. Les équipes qui dominent la possession du ballon adoptent souvent des stratégies défensives différentes ; les analystes combinent donc le PAdj avec d'autres indicateurs pour obtenir une vision plus complète de l'efficacité défensive.










