Jour 2 (vendredi 19) (décembre 2025)
Atterrissage à Casablanca et longue nuit à l'aéroport
Bienvenue à Casablanca ! Bienvenue à la Coupe d'Afrique des Nations 2025 !! Voilà quelques-uns des messages qui nous ont accueillis en descendant du Boeing 737 d'Air Maroc à l'aéroport international Mohammed V de Casablanca.
Comme nous étions arrivés très tard la veille au soir, nous avons décidé de rester à l'aéroport jusqu'à l'aube pour poursuivre notre voyage vers Fès, ville du nord du Maroc où les Super Eagles disputeront leurs trois matchs du premier tour de la CAN 2025.
Syndicat des photojournalistes et réflexions de minuit
Ganiyu Yusuf et Segun Ogunfeyitimi reprirent leurs récits et je ris de bon cœur en les écoutant dévoiler des anecdotes toujours plus croustillantes sur leur expérience de photojournalistes. J'apprenais ainsi que les photojournalistes sportifs nigérians formaient un syndicat très puissant, quoique discret. Tout rédacteur en chef qui tente de les discréditer ou de les diviser le fait à ses risques et périls.
Casablanca '93 et la course à la Coupe du monde africaine
En attendant le lever du jour, mes pensées se tournèrent à nouveau vers le passé, et plus précisément vers 1993, année de mon premier voyage à Casablanca. J'étais venu couvrir un match de qualification pour la Coupe du monde 1994 entre le Maroc et le Sénégal au Stade Mohammed V, remporté 1-0 par l'équipe locale.
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En réalité, ce match n'avait aucune importance pour le Nigeria à ce moment-là, car les Super Eagles se trouvaient dans un groupe de qualification différent avec l'Algérie et la Côte d'Ivoire. Mais nous avions commencé à publier le magazine Complete Football International, consacré au football africain.

Étant rédactrice en chef pionnière, je me suis retrouvée à Casablanca pour ce reportage. Finalement, le Maroc a remporté son groupe et s'est qualifié pour la Coupe du Monde de la FIFA 1994 aux côtés du Nigeria et du Cameroun, à une époque où l'Afrique ne disposait que de trois places en phase finale.
Retour au présent : le jour se lève enfin à Casablanca. James Agberebi, reporter de Complete Sports, était arrivé avant nous et Ganiyu Yusuf l’a appelé pour qu’il nous rejoigne à l’aéroport afin de poursuivre notre voyage vers Fès. James est arrivé en voiture avec chauffeur et nous nous sommes rendus à la gare pour prendre le train de l’après-midi pour Fès.
Voyage en train ONCF à travers la campagne marocaine
Le réseau de transports interurbains marocain est moderne et performant. Le service ferroviaire de l'ONCF est de bonne qualité et comparable à celui des grandes villes européennes. Nous avons acheté nos billets à 165 dirhams chacun (environ 18 dollars américains) et nous sommes partis.
Le trajet en train de Casablanca à Fès, à travers la campagne marocaine, a duré environ trois heures. J'ai passé la majeure partie du temps à rattraper mon sommeil. Mais lorsque je me suis réveillé et que j'ai décidé de me dégourdir les jambes dans le couloir, James Agberebi est venu me rejoindre pour me raconter comment mes articles dans le magazine Complete Football l'avaient inspiré à l'adolescence. J'entends de plus en plus souvent ce genre d'histoires de la part de jeunes, ce qui me touche beaucoup. James est un jeune homme travailleur et constant depuis son arrivée chez Complete Sports. C'était son premier voyage en Afrique du Nord, m'a-t-il dit.
Arrivée à Fès, visite de la médina antique et préparation à la CAN
Nous arrivons à la gare centrale de Fès. Mubarak, le fils brillant de Ganiyu Yusuf, nous avait aidés à réserver une chambre d'hôtel en ligne ; un taxi rouge nous y a donc conduits. Bilal, le chauffeur, était très jovial et bavard. Ganiyu parlant français, ils ont tous deux échangé des propos endiablés.
Outre la couverture de la CAN, Bilal tenait à ce que nous visitions tous les sites emblématiques de Fès, ville qui abrite la plus ancienne université du monde, l'université Al-Qarawiyyin (ou Al-Karaouine), fondée en 859 après J.-C. comme mosquée et madrasa, et ce, de façon remarquable par une femme, Fatima al-Fihri. Elle est reconnue par le Guinness World Records et l'UNESCO comme le plus ancien établissement d'enseignement supérieur au monde, antérieure à des universités européennes comme Bologne (1088) et Oxford (1096). Nous avons assuré à Bilal que nous trouverions certainement le temps de visiter tous ces lieux, y compris certains des anciens palais que nous avons aperçus en nous rendant à l'hôtel.
Notre hôtel se situe dans le quartier de la « Vieille Médine » de Fès, où se trouve également la mosquée Al-Qarawiyyin, un autre monument historique majeur. L'architecture des bâtiments témoigne du riche passé historique de Fès, et la Coupe du monde de football qui s'y déroulait allait sans aucun doute faire découvrir au monde entier l'une des attractions touristiques les plus anciennes et les plus captivantes d'Afrique. Les panneaux d'information sont omniprésents.
Accréditation au complexe sportif de Fès
Dès que nous avons déposé nos bagages à l'hôtel, nous avons pris un autre taxi rouge pour nous rendre au tout nouveau complexe sportif de Fès, qui allait accueillir les matchs de la CAN, afin de récupérer nos badges d'accréditation. La photo qui y figurait ne me plaisait guère, mais le jeune responsable sud-africain de la CAF en charge des accréditations m'a assuré qu'elle serait corrigée le lendemain. Bienvenue à Fès !
Par Mumini Alao, à Fès



1 Commentaires
LETTRE À MUMINI ALAO
Mumini, mon chouchou, où en es-tu ? Tu as disparu des radars ! Où est passée la chronique de foot nigériane de référence, Soccertalk ? Monsieur Mumini, vous n'avez cessé de décevoir vos fans inconditionnels de Soccertalk, tout comme Mpape, Haaland et Cristiano Ronaldo, pourtant réputés pour leurs buts réguliers ! Si la fatigue vous gagne, il serait temps de trouver un remplaçant et de prendre votre retraite. L'amour des Nigérians pour Soccertalk et pour vous-même est légendaire !