
Décision controversée de la CAF : l'indignation
Deux mois se sont écoulés depuis le sacre du Sénégal comme champion d'Afrique. L'émotion de la finale s'est estompée et le monde a retrouvé son cours normal.
Retirer le trophée, ensuite, pour des raisons techniques plutôt que pour le résultat réel sur le terrain, rend la décision de la CAF bizarre, condamnable, inacceptable et totalement injustifiable.
Il n'est pas surprenant que le monde entier s'insurge contre l'Organisation. Son jugement, sans précédent dans l'histoire du football, a été condamné par les supporters et les amateurs du beau jeu du monde entier.
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Je m'interroge encore sur les raisons qui ont poussé la CAF à emprunter cette voie périlleuse. Qu'est-ce qui a bien pu motiver une décision aussi impopulaire, qui a ébranlé l'organisation jusque dans ses fondements ?
CAN 2025 : Analyse de la décision d’appel sans précédent
Il est admis que les règles et règlements régissant le déroulement des matchs de football ne couvrent pas toutes les éventualités. L'avenir réserve parfois des situations particulières qui exigeront expérience et discernement pour être gérées. La CAN 2025 en est un exemple.
Je vais examiner de près les événements du 18 janvier 2026 et analyser le lien avec la décision controversée rendue ces derniers jours par la Commission d'appel de la CAF. Celle-ci a annulé le résultat de la finale de la CAN 2025. Le Sénégal, sacré champion à juste titre par les présidents de la CAF et de la FIFA devant un public international, a pourtant remporté la Coupe d'Afrique des Nations.
Verdict choc après deux mois
Deux mois entiers se sont écoulés.
La poussière retombée après ce match dramatique est tombée. Le monde a retrouvé son calme. Le Sénégal a même mis fin à ses célébrations.
Puis, coup de théâtre inattendu : la Commission d’appel de la CAF rend son verdict sur une requête discrète déposée par la Fédération marocaine de football concernant une infraction au règlement par le Sénégal durant le match.
CAN 2025 : Explication des pétitions, des appels et des annulations
La Commission de discipline de la CAF s'était réunie précédemment pour examiner la requête et l'avait rejetée. La fédération marocaine a fait appel de cette décision. La Commission d'appel, après examen, a semblé trouver la requête fondée et, deux mois plus tard, a pris une décision qui restera dans l'histoire du football comme l'une des plus impopulaires de tous les temps. Elle a annulé le résultat de la finale et l'a attribuée à l'équipe hôte (le Maroc), pourtant battue sur le terrain.
La décision de la CAF est sans précédent. Elle a été unanimement condamnée par le reste du monde pour son manque de sensibilité.
Il me semble donc logique de mettre de côté tous mes préjugés et mes sentiments, et d'examiner les problèmes à la loupe, même s'il s'agit d'un exercice purement académique.
Quels sont les enjeux?
Les règlements de la CAF et de la FIFA sont clairs et simples concernant les départs d'équipes.
À quelques minutes de la fin du temps réglementaire, le Maroc a obtenu un penalty.
Incident lors de la CAN 2025 : le Sénégal quitte la table en pleine crise.
Les Sénégalais ont protesté contre la décision de l'arbitre. Ils ont refusé de poursuivre la rencontre. Ils ont quitté le terrain et sont retournés aux vestiaires. Seul leur capitaine, Sadio Mané, conscient des conséquences de leur geste, est resté sur le terrain pour exhorter ses coéquipiers à revenir et à terminer le match.
L'échauffourée a duré 17 minutes, soit 2 minutes de plus que la période maximale de 15 minutes autorisée avant qu'un arbitre ne soit tenu de mettre fin au match.
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Par ailleurs, la réglementation est claire :
Lorsqu'une équipe de football quitte le terrain avant la fin d'un match sans autorisation, elle perd le match par forfait. Ce geste entraîne également une défaite automatique sur le score de 3-0.
L'équipe pourrait également se voir infliger des sanctions supplémentaires, notamment des amendes, des retraits de points ou une disqualification de toute participation ultérieure à la compétition.
Règles relatives aux débrayages et aux pétitions dans le football
De plus, même si les joueurs finissent par revenir, le fait de quitter le terrain au départ peut être considéré comme une infraction entraînant une disqualification.
Par ailleurs, les équipes peuvent déposer une requête auprès des organisateurs concernant des incidents ou des comportements survenus avant, pendant ou après un match. Ces requêtes sont examinées par les commissions compétentes après la rencontre et, si elles sont jugées fondées (même après la fin du match), elles peuvent influencer le résultat final, indépendamment du rapport de l'arbitre.
Sur le terrain, les décisions de l'arbitre sont considérées comme définitives. Cependant, en dehors de ce cadre, des recours peuvent être déposés par l'une ou l'autre des équipes, ce qui peut influencer le résultat final. Ainsi, le rapport de l'arbitre n'est pas toujours incontestable.
Études de cas : Les pétitions précédentes du Nigéria
Un exemple simple : le Nigeria a porté plainte auprès de la FIFA contre l’Afrique du Sud pour avoir aligné un joueur non qualifié lors de leur match. Le verdict a mis plusieurs semaines à être rendu, mais finalement, la plainte a été acceptée, entraînant la perte du match pour l’Afrique du Sud et un retrait de points. Grâce à cette plainte, le Nigeria a marqué des points et des buts, ce qui lui a permis d’accéder au tour suivant des qualifications. Personne ne l’a condamnée. Le monde n’a pas tourné au drame.
Scénario hypothétique de la CAN 2025 : Et si c'était un match de qualification ?
Alors, je réfléchis.
Si le match entre le Maroc et le Sénégal n'avait pas été la finale de la CAN, mais un match de qualification, que se serait-il passé ?
Personne n'aurait contesté le verdict final ! C'est la réalité. Dès lors qu'une infraction au règlement est constatée, la sanction prévue doit être appliquée sans crainte ni favoritisme.

Le problème avec la finale de la CAN, c'est que c'était la finale. Il n'y avait plus le temps d'examiner d'éventuelles pétitions importantes.
Le trophée fut remis. Des célébrations nationales eurent lieu dans tout le Sénégal. Les joueurs furent fêtés et récompensés avec faste. La vie reprit son cours normal pour tous, sauf pour la Commission d'appel, chargée d'examiner le bien-fondé du recours et de rendre un jugement conformément au règlement, malgré le risque de conséquences désastreuses pour l'image du championnat.
CAN 2025 et les leçons tirées des précédents olympiques
Voilà ce que cette affaire a révélé.
Si cet incident s'était produit lors de la finale des Jeux olympiques, par exemple, et que des médailles avaient été remportées, décernées et célébrées, les résultats auraient-ils été annulés suite à la découverte de l'infraction au règlement ? Oui !
Les Jeux olympiques regorgent d'histoires de résultats annulés, de retraits de médailles et de records déclassés suite à des infractions et des illégalités qui peuvent être découvertes des mois plus tard.
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Par exemple, le quatuor nigérian du relais 4 x 100 mètres des Jeux olympiques de 2002 est médaillé d'or parce que l'équipe américaine qui a remporté la course a été déchue de sa médaille d'or des mois, voire des années plus tard, lorsque sa victoire a été jugée entachée !
Appels de la FIFA et expérience du Nigeria
Grâce à une pétition, le Nigeria a pu disputer le dernier tour des éliminatoires africaines de la Coupe du monde l'an dernier. L'équipe s'est finalement inclinée face à la République démocratique du Congo. Le Nigeria a de nouveau déposé une pétition contre la CDR, mais celle-ci a été rejetée la semaine dernière. À chaque fois, la FIFA a mis plusieurs mois et plusieurs séances de sa commission d'appel avant de rendre sa décision.
Je suis en train de penser.
Ce qui rend ce cas particulier de la CAN 2025 différent, c'est qu'il s'agissait du dernier match d'un championnat. S'il s'était agi d'un match de qualification, la décision de la CAF n'aurait pas suscité le même niveau d'indignation et de condamnation publiques.
Les faits indiscutables de la décision finale
Les faits incontestables sont les suivants :
Le Sénégal a commis un « péché capital » en quittant le terrain en signe de protestation après l'attribution d'un penalty à quelques minutes de la fin du match.
Un but sur ce coup franc leur aurait fait perdre le trophée.
Cependant, les Sénégalais ont protesté, ont interrompu le match et ont quitté le terrain pendant 17 minutes au total.
Selon les règles, les Sénégalais étaient coupables de cet acte.
Il suffisait à l'arbitre de siffler au bout de 10 à 15 minutes pour mettre fin au match. Personne n'aurait protesté. Le règlement a été bafoué, point final. Le reste n'était que pure formalité.
Mon humble verdict.
Le fait que l'arbitre ait relancé le match après 17 minutes a automatiquement annulé la règle du forfait. Le match a repris et s'est terminé. La suite appartient à l'histoire.
La reprise du jeu est acceptée. Le Maroc a perdu le penalty. Le Sénégal a marqué un but supplémentaire. Le match est terminé. Le président de la CAF et le président de la FIFA ont remis les médailles et le trophée au vainqueur en reconnaissance des décisions prises volontairement par l'arbitre, décisions qui sont définitives et irrévocables.
CAN 2025 : Appel à la CAF pour qu’elle revienne sur sa décision
Il ne saurait en aucun cas être justifié de revenir sur l'incident et de réviser la décision de l'arbitre.
Il n'y avait ni le temps ni l'espace pour examiner une pétition. Le résultat est irrévocable.
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Si des infractions étaient constatées, les coupables pourraient être sanctionnés et punis, mais pas en annulant le résultat du match.
Conclusion : Nécessité d'une révision des règles
C'est l'application logique des règles lors d'un championnat où il n'y a pas de temps pour les enquêtes et les procédures judiciaires.
Il convient de réexaminer la réglementation et de la modifier afin de pouvoir prendre en compte un incident de ce type à l'avenir.
Pour l'instant, je pense que la CAF devrait revenir sur sa décision et rendre la victoire au Sénégal ! Point final !



