La CAN 2025 établit de nouvelles normes pour les festivals
La CAN 2025 a déjà rempli la plupart des critères d'un grand festival de football africain, et ce dès sa première semaine d'existence.
La faible affluence à de nombreux matchs est probablement le seul « revers » constaté jusqu'à présent.
La cérémonie d'ouverture était magnifique, d'une grande simplicité et d'une richesse culturelle indéniable. Le feu d'artifice, bien que bref, était d'une grande beauté. Cette cérémonie figure sans aucun doute parmi les plus belles que j'aie vues dans l'histoire de la CAN.
Par ailleurs, les différents stades, à Rabat, Casablanca, Machu Picchu (où j'ai probablement marqué le plus beau but de ma carrière en 1984), et bien d'autres, excellent également, tant par leur conception architecturale que par leurs installations ultramodernes. Ce sont de véritables chefs-d'œuvre, conçus pour l'avenir : la Coupe du Monde de la FIFA 2030 !
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Le niveau de jeu a été bon. Cependant, lors de cette première semaine, il a manqué le suspense de la CAN 2024 à Abidjan, qui avait offert des résultats spectaculaires et des moments forts lors de plusieurs matchs d'ouverture, dignes d'un Oscar.
CAN 2025 et les difficultés initiales des Super Eagles
Au moment où j'écris ces lignes, les Super Eagles n'ont disputé qu'un seul match, contre les Taifa Stars de Tanzanie. Au moment où vous lirez ces lignes, ils auront joué leur deuxième match, contre la Tunisie.
Je prie pour qu'ils s'en sortent, même en cas de match nul.
Comme l'avaient prédit la plupart des analystes avant le championnat, les Super Eagles ont peiné lors de leur premier match. Même après la victoire, l'équipe n'a pas brillé et n'a jamais donné l'impression d'être en passe de remporter le trophée le plus prestigieux d'Afrique.
Cela dit, quoi qu'il arrive lors du match contre la Tunisie (aujourd'hui), l'équipe jouera suffisamment bien pour se qualifier pour la phase finale et atteindre la phase à élimination directe, au-delà de laquelle les hommes commenceront à se distinguer des garçons.
Jusqu'à présent, les joueurs des Super Eagles n'ont globalement pas brillé. Quelques-uns ont certes réalisé de bonnes performances individuelles, mais collectivement, ils peinent à jouer en équipe.
CAN 2025 : Récompenses et questions en suspens
Les récompenses promises à l'équipe pour sa deuxième place à la CAN 2024 (logements et distinctions nationales) ont été versées par le gouvernement fédéral du Nigeria à la veille de leur premier match au Maroc. Nul ne sait quel impact cela aura sur l'équipe.
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Normalement, cela devrait motiver les joueurs à se battre pour gagner, mais leur performance juste après n'en a pas témoigné. Cette décision était-elle malvenue et a-t-elle constitué une distraction et une pression inutiles pour l'équipe ?
Les prochains matchs nous le diront.
La question qui restera en suspens pour le reste du championnat est la suivante : « Quelle récompense l'équipe recevrait-elle si elle atteignait à nouveau la finale, ou même si elle remportait le trophée de la CAN 2025 ? »
Le facteur gazon et la réalité du football nigérian
Jusqu'à présent, depuis mon observatoire à Wasimi, au Nigeria, la CAN 2025 a été un spectacle de football télévisé agréable et coloré.
Le plus important, pourtant, est celui qui a été le moins commenté, même par les commentateurs télévisés et les médias. Or, à mes yeux, l'élément essentiel qui permet de jouer un football de haut niveau, de le regarder, de le retransmettre à la télévision, et d'en faire une excellente publicité à l'international, ce sont les terrains, les pelouses. Elles ont été d'une qualité exceptionnelle, comparable aux meilleures du monde. Les Marocains n'ont rien négligé, et en quantité suffisante, cet ingrédient fondamental qui garantit un football de très haut niveau.
Comme je m'y attendais, au Nigéria en particulier, je n'ai lu aucun commentaire concernant l'état impeccable des terrains. Il est compréhensible que l'on considère souvent comme allant de soi que l'état du terrain ne pose aucun problème lors d'un événement de cette envergure. Aucun organisateur ne prendrait cela à la légère.
Le silence du Nigeria à ce sujet ne sert pas la cause de notre football, car les dirigeants, passés et présents, ne saisissent pas pleinement son importance, son impact potentiel et le degré de transformation qu'il peut engendrer sur le football national et les championnats. S'ils en prenaient conscience, le Nigeria, malgré ses ressources considérables, ses succès dans le football mondial et la déception de ne pas avoir atteint les sommets et de ne pas être devenu l'une des meilleures nations de football au monde, comme l'avait prédit Pelé il y a une quarantaine d'années, n'aurait pas à se battre pour disposer d'un seul stade avec une pelouse digne des matchs de catégorie A de la FIFA.
En clair, un terrain de qualité supérieure améliorerait considérablement les performances des joueurs nigérians, habitués aux meilleures pelouses européennes. Cela catalyserait également le développement d'un système économique autour du football au Nigeria. C'est aussi simple que cela.
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En dehors d'Uyo, dans l'État d'Akwa Ibom, le Nigeria ne dispose d'aucun deuxième terrain suffisamment bon pour accueillir des matchs qui catalyseraient la transformation dont le football nigérian a si cruellement besoin.
La plupart des acteurs du football nigérian ne considèrent pas cela comme une critique sérieuse. Ils n'en perçoivent pas suffisamment l'importance. Et même s'ils la perçoivent, ils semblent incapables de savoir comment faire évoluer la situation.
Malgré des décennies de sermons et d'efforts pour sensibiliser le public à ce simple point, rien n'a changé en 30 ans pour montrer que son importance est reconnue et comprise.
D'ailleurs, la situation est similaire dans plusieurs autres pays africains. Tant que les mentalités ne changeront pas et que nous n'aurons pas aménagé d'excellents terrains d'entraînement et de compétition à travers le Nigeria, le rêve d'intégrer le championnat du monde restera un simple rêve ! D'ailleurs, même le stade d'Uyo est insuffisant et son entretien est trop coûteux.
Alors que nous continuons à suivre et à apprécier les matchs en provenance du Maroc, j'exhorte tous les Nigérians à apprécier de plus près la qualité des terrains de jeu et à observer le plaisir aux pieds et sur les visages des joueurs évoluant, sans être gênés par un mauvais terrain, lors de la CAN, où des terrains en herbe luxuriants, verts, plats et bien entretenus font toute la différence !



